Le design linguistique : trouver les maîtres-mots

Cours d'eau croisant une route dans une vallée, Vietnam © Silas Baisch

Écrire, réécrire, traduire, relire, réviser, c’est penser les mots, leur raison d’être, leur sens, leur sonorité, la musique qu’ils jouent mis ensemble, et finalement la direction et le souffle qu’ils donnent au texte et aux messages qu’il porte.

Chaque phrase est une construction vivante de mots destinée à dire, raconter ou expliquer. Chaque phrase anticipe la suivante, lui ouvre la voie (sinon la voix), prolonge, complète, précise, accentue ou renforce la précédente, quand elle ne la met pas à l’épreuve.

Parce que nous concevons des textes, parce que nous les améliorons, parce que nous les adaptons, nous faisons du design linguistique.

Quand certains proclament que le contenu est roi, nous défendons l’idée que les mots sont premiers. Avant d’envisager le texte globalement, il faut le travailler dans le détail, pour que chaque mot compte.

Peser le poids des mots

Choisir les mots, c’est :

  • définir,
  • différencier,
  • démarquer,
  • façonner,
  • mettre en images,
  • rencontrer le lecteur,
  • anticiper,
  • corriger,
  • améliorer.

À chaque temps de l’écriture

Vient d’abord le temps de l’introspection et de la réflexion : les mots sont stratèges. Ils construisent l’image de marque, le positionnement, les idées, les messages clés et forment la ligne éditoriale, l’architecture de l’information et le plan de communication.

Vient ensuite le temps de la création : les mots créatifs inventent les contenus qui donnent corps à l’argumentaire théorique.

Vient enfin le temps de l’écoute et de l’observation : les mots se muent en éclaireurs. Ils ont l’âme des visionnaires et des pionniers. Ils questionnent les choix de départ, contestent le pari éditorial initial. Ils réinventent.

 

Crédit photo © Silas Baisch

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