Avoir raison avec Virginia Woolf : traduire c’est penser le monde

Cours d'eau en plaine vu du ciel © Max Hermansson

Woolf cosmopolite, amoureuse de la Grèce d’Homère, Eschyle et Xénophon, traductrice du Dante, passionnée par Tchékhov, sidérée par Proust, apprenant l’italien, le grec, le russe ou le français, pour fréquenter les textes de plus près, Woolf européenne avant tout, n’a cessé de réfléchir aux mots. Une séquence repérée sur France Culture.

Que dit-elle ?

Les mots n’aiment pas que l’on débatte de leur pureté ou leur impureté. Si l’on fonde une société pour la pureté de l’anglais, ils manifesteront leur désaccord en en fondant une autre pour l’impureté de l’anglais. Ils croient qu’un mot est aussi bon qu’un autre ; que les mots mal élevés sont aussi bons que les mots bien élevés, les mots incultes que les mots cultivés, il n’y a ni rang ni titre dans leur société. Ils n’aiment pas non plus qu’on les dépose à la pointe de sa plume pour les observer, un par un. Ils veulent rester tous ensemble, dans les phrases, les paragraphes, et même dans une page entière. Ils détestent être utiles ; ils détestent gagner de l’argent ; ils détestent qu’on discute d’eux en public. Bref, ils détestent tout ce qui les enferme dans une seule définition, ou les limite à une seule attitude, car il est dans leur nature de changer. Virginia Woolf

Écoutez

Parler de son goût de la traduction et de la manière dont ses livres ont été traduits sera le double propos de cette rencontre avec l’écrivaine et traductrice française Agnès Desarthe.

 

Crédit photo © Max Hermansson

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